Financer et grandir
Emprunter ou ouvrir son capital : financer son entreprise
Il y a deux façons de trouver de l'argent : l'emprunter, et il faudra le rembourser, ou faire entrer des investisseurs, et il faudra partager l'entreprise. Le bon choix dépend de ce que vous êtes prêt à rendre, et de ce que votre forme juridique permet.
D'abord : ce que votre forme juridique permet
- Raison individuelle : vous pouvez emprunter, mais personne ne peut entrer au capital, puisqu'il n'y en a pas. Pour accueillir un investisseur, il faut d'abord transformer l'entreprise en société.
- Sàrl : des parts sociales peuvent être cédées ou créées, mais l'entrée d'un nouvel associé passe en principe par l'accord de l'assemblée, et son nom apparaît au registre du commerce. C'est une forme pensée pour un cercle restreint.
- SA : c'est la forme des levées de fonds. Les actions se transmettent plus facilement, les actionnaires ne figurent pas au registre, et le capital peut être augmenté pour faire entrer des investisseurs.
Dans une Sàrl comme dans une SA, augmenter le capital modifie les statuts : il faut passer chez le notaire, puis au registre du commerce.
Emprunter : la banque, et la caution qui lui manque
Une jeune entreprise a rarement les garanties qu'une banque demande. C'est le rôle des coopératives de cautionnement soutenues par la Confédération : elles se portent garantes de votre crédit bancaire, jusqu'à 1 million de francs, et la Confédération couvre jusqu'à 65 % de leur risque.
En Suisse romande (Fribourg, Genève, Neuchâtel, Valais, Vaud), c'est Cautionnement romand. La demande se prépare avec votre banque, sur la base d'un plan d'affaires.
Ouvrir son capital : du cercle proche aux fonds
Les sources de fonds propres, dans l'ordre où on les rencontre en général :
- Le « love money » : la famille et les amis. Rapide, mais à écrire noir sur blanc : prêt ou participation, montant, conditions de remboursement. Les malentendus coûtent plus cher que les intérêts.
- Les business angels : des particuliers qui investissent leur argent et leur expérience. Plus souples qu'une banque ou qu'un fonds ; ils investissent d'abord dans une équipe.
- Le capital-risque : des fonds professionnels, pour les entreprises à fort potentiel de croissance. Montants plus élevés, exigences plus fortes : gouvernance, rapports, perspective de sortie.
- Le financement participatif (crowdfunding) : don, prévente, prêt ou participation, auprès d'un large public via une plateforme.
- Le financement mezzanine : entre le prêt et la participation, pour des entreprises déjà établies.
Faire entrer un investisseur, c'est céder une part des décisions. Avant de signer, un pacte d'actionnaires règle ce que les statuts ne disent pas : qui décide quoi, qui peut vendre à qui, et ce qui se passe si un associé part. C'est le moment de se faire accompagner par un avocat.
Le droit d'émission : 1 % au-delà d'un million
Les apports en capital d'une Sàrl ou d'une SA, à la création comme lors d'une augmentation, sont soumis au droit de timbre d'émission de 1 %, mais seulement sur la part qui dépasse 1 million de francs d'apports. Une petite levée de fonds n'est donc pas concernée ; une grosse, oui, et il faut le prévoir.
Les aides à l'innovation
Pour un projet innovant, Innosuisse, l'agence suisse pour l'encouragement de l'innovation, finance des projets menés avec un partenaire de recherche et propose du coaching aux start-up. Les incubateurs romands orientent aussi vers les aides cantonales.
Relevé le 2 octobre 2026 : cautionnement sur kmu.admin.ch et seco.admin.ch, droit d'émission sur estv.admin.ch, sources de fonds propres sur kmu.admin.ch. Les conditions des banques et des investisseurs ne sont pas indiquées : elles se négocient dossier par dossier. Cette page décrit des mécanismes ; elle ne remplace ni une fiduciaire ni un avocat pour structurer une levée de fonds.